Intervenant à l'ouverture des journées panafricaines de sensibilisation à la sauvegarde des archives audiovisuels, M. Benabdellah a mis en garde contre la dégradation du patrimoine audiovisuel.
"Une partie non négligeable des archives audiovisuelles a déjà disparu et d'autres archives encore sont menacées par la détérioration naturelle, l'obsolescence technologique et l'absence de mesures de sauvegarde appropriées", a-t-il ajouté, précisant que la disparition de ce patrimoine constituerait une mort de la mémoire collective.
Le ministre a en outre relevé l'importance de sensibiliser l'opinion publique à l'importance de la préservation de ces archives, rappelant par la même l'appel international lancé par la Fédération Internationale des Archives de Télévision dans ce cadre.
Le séminaire, de deux jours, s'inscrit dans le cadre d'une convention signée le 26 septembre 2005 entre le ministère de la Communication et l'Institut National de l'Audiovisuel (INA, France).
Il a pour objectifs de sensibiliser les responsables d'archives africains aux enjeux relatifs à la sauvegarde et à la numérisation du patrimoine audiovisuel, de donner un aperçu des pratiques de sauvegarde, des technologies et des stratégies susceptibles d'être mises en uvre et de donner les moyens, via des exemples concrets et les méthodologies appropriées de monter un projet de sauvegarde.
Pour sa part, M. Emmanuel Hoog, PDG de l'INA et président de la Fédération Internationale des Archives de Télévision (FIAT) a mis l'accent sur le danger qui menace le patrimoine audiovisuel mondial, garant de l'identité culturelle des peuples.
"Plus de 80 pc de cette mémoire est en danger", a-t-il ajouté, précisant que "200 millions d'heures de programmes audio et vidéo sont menacées de mort à très brève échéance, en particulier dans les pays en voie de développement".
La journée a également été marquée par la remise de copies des archives de l'ensemble des images d'actualité en possession de l'INA et portant sur le Maroc depuis la seconde guerre mondiale jusqu'en 1956.
Les copies ont été remises par le PDG de l'INA à M. Fayçal Laraichi, PDG de la Société Nationale de la Radio Télévision (SNRT) qui s'est réjoui de cette action concrétisant les dispositions de la convention signée avec l'INA.
En vertu de ladite convention, la SNRT aura la possibilité d'exploiter ces images par voie hertzienne ou satellitaire et de les commercialiser sur le territoire marocain.
L'INA, première banque mondiale d'archives numérisées, conserve depuis 1974 les archives télévisées et radiophoniques des sociétés nationales de programmes.
Outre son action de collecte, de sauvegarde, de restauration et de commercialisation des archives audiovisuelles, l'Institut est également un laboratoire de recherche et le premier centre européen de formation professionnelle et initiale aux métiers de l'audiovisuel et du multimédia.