Cette causerie a été animée par Cheikh Ayatollah Mohamed Ali Taskhiri, secrétaire général de l'Académie mondiale pour le rapprochement des rites islamiques sur le thème «Le mouvement de rapprochement entre les rites : fondements et perspectives».
Le conférencier s'est inspiré du verset 52 de la sourate «Al Mouminoune» (Les Croyants) dans lequel Dieu Tout-Puissant dit : «Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, tandis que Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc», véridique est la Parole de Dieu.
Le conférencier a d'emblée fait observer que le verset 52 de la sourate «Al Mouminoune» est semblable à un autre dans lequel Dieu dit : «Certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unie, et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc», soulignant qu'il y a deux termes dont il convient de tirer au clair le sens avant d'évoquer le «mouvement de rapprochement entre les rites».
Il s'agit des vocables "rapprochement" et "unité" que certains ont tendance à confondre, a-t-il dit. Concernant le terme "unité", il signifie l'unité des positions de la Oumma islamique à laquelle il appartient de prendre une position unifiée autour de ses questions intérieures et de faire face aux défis externes, a-t-il ajouté, faisant toutefois remarquer qu'il peut y avoir des divergences quant à la manière d'appréhender ces questions.
Le vocable "rapprochement", a-t-il expliqué, renvoie à la réduction des écarts entre les idées, sachant qu'il est difficile de les unifier toutes, puisqu'elles s'appuient sur divers fondements et références.
Le conférencier a fait remarquer qu'en Islam, il n'existe point de texte prônant l'unification des idées. En revanche, a-t-il précisé, il y en a qui milite pour le rapprochement des idées à travers un dénominateur commun, c'est-à-dire oeuvrer dans le sens de l'élargissement du champ commun, l'objectif étant de favoriser la tolérance sur les points de divergence.
Par la suite, le conférencier a traité des bases du mouvement de rapprochement entre les rites, dont la plus importante réside dans la tendance de l'Islam à consacrer l'unité entre les fils de la Oumma.
Parmi les fondements de ce mouvement, il a cité celle de la convergence des textes vers la diffusion des principes d'unité islamique, soulignant, à ce propos, que le Livre Saint comporte des versets mettant en évidence le principe d'unité au sein de la Oumma, notamment le verset 52 de la sourate "Al-Mouminoune" : "Certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unie".
Les autres fondements résident dans le fait que les rites s'accordent sur les constantes de l'Islam et font du dialogue un élément nodal, a-t-il indiqué, soulignant que le Saint Coran incarne une vision intégrée du dialogue, outre la liberté de l'Ijtihad (effort d'interprétation).
Les rites islamiques entretenaient une coopération rationnelle et naturelle et, en certaines époques, leur nombre avait atteint 139, avant qu'il ne soit réduit à sept ou huit de nos jours, a-t-il ajouté, déplorant le fait qu'au lieu de favoriser la cohabitation, ces rites se sont écartés des méthodes rationnelles sous l'influence de divers facteurs pour changer en rites sectaires, transformés en centres de conflits.
Pour ce qui est du mouvement de rapprochement entre les rites, le conférencier rappelle que son apparition, qui remonte aux années quarante du siècle dernier, répondait à un besoin de rétablir la rationalité au sein de la Oumma islamique et de faire en sorte que la relation entre les rites redevienne une source de fierté, au lieu de demeurer source de discorde. Ce mouvement, a-t-il ajouté, s'est étiolé après la disparition de la première génération des ouléma qui l'avaient porté aux fonts baptismaux, avant de réapparaître grâce au soutien dont elle avait bénéficié de la part d'un certain nombre de pays, dont le Maroc.
Ce renouveau, par lequel le mouvement avait laissé un bon impact, a-t-il poursuivi, s'est manifesté d'abord à travers le travail qu'accomplit l'Organisation islamique pour les sciences et la culture (ISESCO), qui s'est fixée, parmi ses objectifs, celui de favoriser un rapprochement entre les rites, et ensuite par le biais de l'action de l'Académie du Fiqh islamique en la matière.
Ce mouvement, qui est généralement admis, pourrait avoir un "avenir radieux" et doit "approfondir son action afin qu'il puisse barrer le chemin à ses détracteurs et déjouer leurs manoeuvres contre l'unité de la Oumma islamique", a-t-il souligné.
Le conférencier a rappelé les principes politiques du mouvement qui prône la coopération autour de l'objet de consensus et de son application, la tolérance en cas de divergence et la liberté de choix du rite, exprimant son souhait de voir se rétablir la rationalité qui avait permis aux rites d'occuper la place qui leur revenait.
A l'issue de la causerie religieuse, S.M. le Roi Mohammed VI a été salué par l'Ayatollah Mohamed Ali Taskhiri, secrétaire général de l'Académie mondiale pour le rapprochement entre les rites islamiques d'Iran.
Le Souverain a été également salué par plusieurs ouléma.
Il s'agit du :
- Professeur Driss Qoddous, président du Conseil national islamique de Côte d'Ivoire.
- Professeur Ali Ouatara, un Alem de Côte d'Ivoire.
- Imam Haj Loukri Yahya, président du Conseil national exécutif de Côte d'Ivoire.
- Professeur Kamal Eddine Damir, de l'Université Sakaria en Turquie.
- Professeur Id Kobola Faysou, secrétaire général adjoint du bureau exécutif de l'Union des musulmans du Bénin.
- Cheikh Hassan Jaouaher Zadah, professeur de théologie et des sciences religieuses à Qom (Iran).
- Professeur Abdelhakim Mohamed Anis, conférencier et chercheur en études islamiques aux Emirats Arabes Unis.
S.M. le Roi a été aussi salué par le professeur Ahmed Moabid Abdelkrim, professeur à la faculté de théologie de l'Université Zaqazeq en Egypte, le professeur Youssef Amdi Deco, Alem du Nigeria, le professeur Mustapha Akadmir, déclamateur et professeur à l'Université islamique de Rotterdam (Pays-Bas), le professeur Mohamed Toujgani, l'un des Imams de la communauté marocaine à Bruxelles et président de la Ligue des Imams de Belgique, le professeur Amin Bekkali Lahraiki, acteur associatif au sein de la communauté marocaine en Suède, le professeur Mohamed Massoudi, membre du Rassemblement des musulmans de France et membre de la communauté marocaine dans l'Hexagone.